La petite communiste qui ne souriait jamais [Lola Lafon, Actes Sud]

La petite communiste qui ne souriait jamaisLa petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon
Actes Sud, janvier 2014
320 pages

Cela faisait un moment que je n’avais pas pris le temps de chroniquer un roman (les bandes dessinées aussi vous me direz). J’ai choisi cette fois-ci de parler d’une jeune auteure, Lola Lafon, qui en est à son quatrième roman. L’histoire de La petite communiste qui ne souriait jamais est centrée sur la célèbre gymnaste Nadia Comaneci. Elle n’est peut-être pas célèbre pour tout le monde, elle l’est en tout cas énormément pour moi. Ayant fait de la gymnastique pendant 12 ans, j’ai toujours été fascinée par les 10.0 qu’elle a récolté aux JO de Montréal en 1976. Je me souviens avoir enregistré ses exploits sur VHS (n’ayant pas assisté à la diffusion en direct, je n’étais pas née), extraits que j’ai dû regarder en boucle.

Fin de l’aparté, revenons au roman, j’ai été fascinée justement, par les descriptions de l’écrivain, les premiers chapitres se situant justement en 1976. Beaucoup d’émotion se dégage de son écriture, qui est dans un premier temps assez descriptive mais si éloquente (j’en ai eu les larmes aux yeux quand Nadia reçoit son premier 10.0). Présentée en figure de proue pour prôner le communisme, la gymnaste passe vite du statut de sportive de haut-niveau à l’emblème national préféré des politiciens roumains. Le style de Lola Lafon devient de plus en plus incisif et tout en intégrant dans son récit des échanges épistolaires et fictionnels entre l’auteur et la gymnaste, elle propose le portrait du communisme des années 70-80, avec un état des lieux de la politique d’aujourd’hui. Sans états d’âme envers la situation imposée à Nadia Comaneci, l’auteure ne s’apitoie pas sur son sort. En plus de la politique, le livre parle aussi de la sportive et de sa relation au corps. Quand elle devient championne olympique, elle n’a que 14 ans. Sa croissance n’est pas encore terminée, elle se sent trahie par son corps qui ne veut plus suivre la même condition physique (qui avait l’air si simple au tout début). Entre les obligations envers son pays, et la gymnastique qui s’éloigne petit à petit de Nadia, La petite communiste qui ne souriait jamais est un ouvrage très agréable à lire (beaucoup de soin dans le choix des mots) tout en proposant un regard interne, fictionnel mais bien documenté, de la vie en Roumanie sous la dictature communiste de Ceaușescu, jusqu’en 1989.

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