Liste culturelle : femmes et féminisme

Que ce soit en littérature, cinéma, musique, actualité politique, on se rend compte parfois que nos choix de lecture et de visionnage sont plus ou moins guidés par une même thématique. Depuis la rentrée dernière, les femmes et le féminisme sont deux sujets qui sont représentés en force dans mes sélections culturelles. Parmi la trentaine de bandes dessinées lues depuis ce début d’année, j’en ai même fait volontairement une orientation de lecture. Étant donné que j’aime beaucoup faire des listes, j’ai voulu centraliser tout ce qui m’est passé entre les mains en livres, bandes dessinées, films et séries tv. (Liste non exhaustive, à compléter au fur et à mesure).

Couverture Histoires du soir pour filles rebelles Affiche Captive Couverture La tresse Couverture à la conquête d’Hollywood - Faith, tome 1

  • Histoires du soir pour filles rebelles de Francesca Cavallo, et Elena Favili – Recueil
  • Alias Grace de Mary Harron – Série TV
  • La Tresse de Laetitia Colombani – Roman
  • Faith, tome 1 de Francis Portela, Marguerite Sauvage et Jody Houser- BD

  Couverture Femme rebelle - L'histoire de Margaret Sanger Affiche Godless

  • « Cléo – Les aventures d’une jeune femme prétendument ordinaire » de Fred Bernard – BD
  • « Battle of the sexes » de Valerie Faris et Jonathan Dayton (sortie le 22 novembre 2017) – Film
  • « Ouvrir la voix » d’Amandine Gay – Film documentaire
  • Femme rebelle, l’histoire de Margaret Sanger de Peter Bagge – BD
  • Godless de Scott Frank – Série TV

https://i1.wp.com/screencrush.com/files/2017/02/Top-of-the-Lake-China-Girl-Key-Art-pic.jpg Couverture Ecumes Couverture Artemisia  

  • « Top of the lake : China Girl » de jane Campion – série TV
  • « Écumes » de Carole Maurel et Ingrid Chabbert – BD
  • « Artemisia » de Tamia Baudoin et Nathalie Ferlut – BD
  • « King Kong Théorie » de Virginie Despentes – essai
  • « Paroles d’honneur » de Laetitia Coryn et Leïla Slimani – BD

Couverture Dures à cuire Affiche Loin de la foule déchaînée Affiche Citizen Ruth Affiche Les Suffragettes Affiche La mariée était en noir

  • « Dures à cuire » de Till Lukat – BD
  • « Far from the madding crowd » de Thomas Vinterberg – Film
  • « Citizen Ruth » d’Alexander Payne – Film
  • « Suffragette » de Sarah Gavron – Film
  • « La mariée était en noir » de François Truffaut – Film

https://emmaclitdotcom.files.wordpress.com/2017/05/couv.png?w=120&h=188 https://i2.wp.com/www.editions-ruedesevres.fr/sites/default/files/public/laguerredecatherine_couv_hd_ok.jpg Affiche Les Proies Couverture Le coeur battant de nos mères Couverture Gold Star Mothers

  https://i0.wp.com/pixel.nymag.com/imgs/daily/vulture/2017/04/20/elisabeth-moss/20-elisabeth-moss-1.jpg https://images.leslibraires.ca/books/9782221139264/front/9782221139264_large.jpg https://leblogdeyuko.files.wordpress.com/2016/08/une-vie.jpg?w=120&h=188

Couverture Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe   Couverture Les gros mots - Abécédaire joyeusement moderne du féminisme

https://i1.wp.com/fr.web.img3.acsta.net/pictures/17/02/06/15/30/004327.jpg  Couverture Conduite interdite Couverture Un été avec Louise Couverture La femme brouillon

Affiche Mademoiselle Couverture Collaboration Horizontale Affiche Big Little Lies Couverture C’est toi ma maman ? Couverture Simone de Beauvoir, une jeune fille qui dérange

Affiche Les Figures de l'ombreAffiche 20th Century Women https://i1.wp.com/fr.web.img1.acsta.net/pictures/15/05/12/21/17/527570.jpg Affiche Dr Foster Couverture Idéal Standard

  • « Hidden Figures » de Theodore Melfi (2016) – Film
  • « 20th Century Women » de Mike Mills (2016) – Film
  • « Happy Valley » de Sally Wainwright (2014-…) – Série TV
  • « Doctor Foster » de Mike Bartlett (2015-…) – Série TV
  • « Idéal standard » d’Aude Picault (2017 – BD

Couverture Lily Love Peacock Affiche Porco Rosso Couverture Mauvaises filles Affiche Certaines femmes Affiche A Girl Walks Home Alone at Night

Couverture Rosalie Blum : Intégrale Affiche The Dressmaker Couverture L'Apocalypse selon Magda Couverture L'origine du monde Couverture Les Sentiments du Prince Charles

Couverture Commando Culotte : Les dessous du genre et de la pop-cultureCouverture Culottées - Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, tome 2 Affiche Jackie Couverture La Patience du tigre Couverture La paresse du panda

Affiche American Honey Couverture Olympe de Gouges Couverture Olympia Couverture Juliette Affiche Fleabag

  • « American Honey » d’Andrea Arnold (2016) – Film
  • « Olympe de Gouges » de Catel & Bocquet (2012) – BD
  • « Olympia » de Ruppert & Mulot et Bastien Vivès (2015) – BD
  • « Juliette » de Camille Jourdy (2016) – BD
  • « Fleabag » de Phoebe Waller-Bridge (2016) – Série TV

Couverture Ainsi soit Benoîte GroultCouverture Tendresse des crocodiles Couverture L'Ivresse du poulpe Affiche The Fits https://ontheroadagain6.files.wordpress.com/2017/03/a84c0-womensmarchflyer2.png?w=120&h=188

  • « Ainsi soit Benoîte Groult » de Catel (2013) – BD
  • « La Tendresse des Crocodiles » de Fred Bernard (2003) – BD
  • « L’Ivresse du Poulpe » de Fred Bernard (2004) – BD
  • « The Fits » d’Anna Rose Holmer (2016) – Film
  • Women’s march on Washington (et dans beaucoup d’autres villes américaines) – Actualité (janvier 2017)

Couverture Scènes de la vie hormonale Couverture SuperzeldaCouverture La petite Bédéthèque des Savoirs - Le Féminisme Couverture Culottées - Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, tome 1 Couverture Mon père était boxeur

  • « Scènes de la vie hormonale » de Catherine Meurisse (2016) – BD
  • « SuperZelda » de Danielle Marotta et Tiziana Lo Porto (2014) – BD
  • « Le féminisme – La petite Bédéthèque des savoirs » de Thomas Mathieu et Anne-Charlotte Husson (2016) – BD
  • « Culottées – Tome 1 » de Pénélope Bagieu (2016) – BD
  • « Mon père était boxeur » de Kris, Vincent Bailly et Barbara Pellerin (2016) – BD

Affiche Gilmore Girls: A Year in the Life Pochette Hit Reset Affiche Emily Dickinson, A Quiet Passion Couverture La dernière réunion des filles de la station service Affiche Ballerina

  • « Gilmore Girls : A year in the life » d’Amy Sherman-Palladino (2016) – Série TV
  • « Hit Reset » The Julie Ruin (2016) – Musique
  • « Emily Dickinson: A Quiet Passion » de Terence Davies (2017) – Vu dans le cadre du Festival Univerciné Britannique à Nantes. – Film
  • « La dernière réunion des filles de la station service » de Fannie Flagg (2015) – Roman
  • « Ballerina » d’Éric Summer et Éric Warin (2016) – Film d’animation

Couverture California girls Couverture The Girls Affiche The Neon Demon Affiche The Good Girls Revolt Couverture La différence invisible

  • « California Girls » de Simon Liberati (2016) – Roman
  • « The Girls » d’Emma Cline (2016) – Roman
  • « The Neon Demon » de Nicolas Winding Refn (2016) – Film
  • « Good Girls Revolt » de Dana Calvo (2016) – Série TV
  • « La Différence Invisible » de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez (2016) – BD

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Coups de cœur romans #1

une jolie fille comme ça vies multiples amory clay la fille du train broadway limited de cape et de mots

Une jolie fille comme ça d’Alfred Hayes (Gallimard, 2015).
Paru pour la première fois en 1958 aux États-Unis, « Une jolie fille comme ça » n’avait encore jamais été traduit en français. L’auteur a été surtout connu pour sa carrière de scénariste pour le cinéma. Il parle d’ailleurs de ce qu’il connaît le mieux dans ce roman en racontant l’histoire d’une rencontre entre un homme, scénariste, et une jeune actrice qui rêve de devenir célèbre. Lui, est marié, et elle, se sent complètement désemparée. C’est à ce moment précis qu’ils vont se rencontrer, au bord d’une plage, alors qu’elle plonge enivrée dans l’eau froide du Pacifique. En plus de ces deux personnages sans prénom, le récit parle surtout du monde impitoyable de Hollywood. Le livre fait énormément penser à un film noir dont le cynisme est présent à chaque détour de page. Et en même temps, il possède une classe incroyable. Le roman est court (160 pages), il se lit très vite, et tous les mots et phrases sont pesés et choisis avec beaucoup de soin. Il y a comme un équilibre dans l’écriture, c’est beau, élégant et laisse aussi un sentiment d’âpreté face à la cruauté de cette histoire. À lire absolument, en écoutant le morceau My Melancholy Baby d’Ella Fitzgerald.

Les vies multiples d’Amory Clay de William Boyd (Le Seuil, 2015).
Ce nouveau roman de William Boyd raconte l’histoire fictive d’une femme photographe, née en 1908, qui a traversé le XXe siècle avec plus d’un appareil photo accroché au cou. D’abord photographe de stars, elle est ensuite devenue photo-reporter pendant la seconde guerre mondiale. La photographie a toujours fait partie de sa vie mais les évènements historiques et personnels qu’elle a rencontrés ont dû la pousser à poser son appareil à plusieurs reprises. Le roman est illustré de photographies d’époque, légendées et en lien avec l’histoire. Amory Clay n’a pas existé mais les liens avec les photos judicieusement choisies sèment le doute. Le personnage d’Amory est une femme moderne, au caractère bien trempé. Elle n’a pas froid aux yeux -il le faut pour être photo-reporter- et se relève à chaque mésaventure. Les vies multiples d’Amory Clay est un livre dense (plus de 500 pages) dont le style romanesque nous embarque dans la vie d’une femme remarquable.

La fille du train de Paula Hawkins (Sonatine, 2015).
Effectuant le trajet deux fois par jour vers Londres, Rachel prend le train et aime observer une maison en particulier, ses occupants, l’activité qui se déploie devant ses yeux. Elle  imagine l’histoire de ce couple, en inventant même leurs prénoms. Mais le jour où la jeune femme est portée disparue, Rachel se demande si elle n’a pas été témoin d’une scène-clé peu de temps avant sa disparition. Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de polar, celui-ci est plutôt réussi. Le personnage de Rachel est parfois bien horripilant mais j’ai bien aimé la rapidité à laquelle vont les évènements. Le découpage de l’écriture d’un chapitre raconté selon le point de vue d’un des trois personnages féminins (Rachel, Megan et Anna) apporte beaucoup dans cette énergie de lecture. Le tournage de l’adaptation au cinéma vient de se terminer, sa sortie est prévue pour la fin d’année. Rachel est interprétée par Emily Blunt, entourée de Rebecca Ferguson, Haley Bennett, Laura Prepon, Scott Evans et Justin Theroux.

Broadway Limited – Tome 1 : un dîner avec Cary Grant de Malika Ferdjoukh (L’École des Loisirs, 2015).
L’histoire se situe en 1948 au moment d’Halloween, à New York. Un jeune français vient d’arriver pour intégrer une école où il va étudier la musique et plus particulièrement le piano. Il se présente à la pension Giboulée où une chambre l’attend. On retrouve l’ambiance pleine d’ébullitions des Quatre Sœurs, une série de romans écrite par Malika Ferdjoukh. Jocelyn est ici entouré de danseuses, chanteuses, comédiennes… Elles vont lui faire découvrir ce monde magique de la scène, le jazz aussi, les pizzas, et cette incroyable atmosphère de la ville qui ne dort jamais. 1948, la guerre vient de se terminer, c’est le début de la guerre froide, et notamment du maccarthysme : cette traque du communisme qui a notamment bouleversé bon nombre d’artistes. Il y a aussi de nombreuses célébrités citées, que les personnages vont croiser, rencontrer ou voir sur scène : de Fred Astaire au jeune Woody Allen âgé de 13 ans, Grace Kelly, Vincente Minnelli, Clark Gable, Sarah Vaughan, et bien d’autres… Pas besoin d’être passionné par la danse ou le théâtre, le récit repose énormément sur ses personnages, et leurs affinités. Pas besoin non plus d’être ado pour le lire, c’est un livre qui est destiné à tous les âges, dès 14 ans. Chaque titre de chapitre correspond à un morceau musical, principalement du jazz, et aussi des extraits de livrets de comédies musicales. La couverture est illustrée d’une image du film The Band Wagon (Tous en scène en français) de Vincente Minnelli sorti en 1953.

De cape et de mots de Flore Vesco (Didier Jeunesse, 2015).
Ce roman ado raconte l’histoire de Serine qui rejoint la Cour pour être demoiselle de compagnie auprès de la Reine. Partie de chez elle parce qu’elle refuse de se marier, elle ne ressemble pas aux autres courtisanes. Elle va vite découvrir l’hypocrisie des gens de la cour, les rumeurs, les complots… et va s’amuser à jouer avec les mots afin de contredire une Reine capricieuse et tyrannique, pour déjouer ses manigances. C’est n livre pleine d’inventivité et très drôle. Le ton est décalé, et le vocabulaire très riche, voire complètement fabriqué (comme les termes esperlune ou litrejole). Le roman peut être assimiler à un roman historique dont le récit se situe dans un royaume imaginaire où les vaches amusent la cour et où on apprend une centaine de façons d’ôter la coquille d’un escargot. Le personnage de Serine n’a peur de rien, est attachante et loin d’être naïve, et en même temps, prend parfois de mauvaises décisions. De Cape et de mots est un premier roman d’aventure loufoque et plein d’imagination, à mettre entre toutes les mains.

Le Complexe D’Eden Bellwether [Benjamin Wood] #MRL14

Le Complexe D’Eden Bellwether - Benjamin WoodLe Complexe D’Eden Bellwether de Benjamin Wood
Éditions Zulma, 2014.

Comme l’an passé, j’ai participé aux matchs de la rentrée littéraire PriceMinister-Rakuten. J’ai choisi cette fois-ci un premier roman, écrit par le britannique Benjamin Wood. Le récit commence en juin 2003, à Cambridge, deux corps sans vie viennent d’être découverts, ainsi qu’un troisième respirant à peine. Ce dernier arrive tout juste à prononcer son nom : Eden Bellwether.

Ce prélude mène le lecteur à la fin de l’histoire sans que l’on comprenne vraiment ce qu’il se passe. Il suffit de deux pages pour éveiller l’intérêt et la curiosité, pour finalement, rapidement l’oublier quand débute l’histoire en page 3, en octobre 2002. Se promenant près de la chapelle de King’s College, Oscar Lowe est séduit par la musique et les chants qui s’en échappent. Il remarque également une jeune femme dans l’assistance dont il va faire la connaissance, et découvrir qu’elle est la sœur de l’organiste virtuose qu’il vient d’écouter : Eden Bellwether.

Le roman a beau faire 500 pages tout rond, trouver du temps libre d’une durée suffisante s’avère être la principale difficulté dans la lecture de cet ouvrage. Grâce une écriture fluide et riche en détails, l’auteur a porté beaucoup de soin à décrire ses personnages, sans trop en dévoiler dès le départ. Si le livre m’a tant plu, c’est aussi pour son intrigue située au cœur de la vie universitaire britannique, dans l’une des plus prestigieuses écoles d’Angleterre : Cambridge. Apportant un regard extérieur à ce monde semblant dirigé uniquement par les études, et la musique, le personnage d’Oscar permet aussi de mettre en regard la vie quotidienne d’une société aisée et sa position de simple aide-soignant en maison de retraite. La musique est le thème principal de ce roman, Eden Bellwether est un musicien virtuose et adepte de la théorie de la musicothérapie et de l’hypnose par la musique. Citant Johann Mattheson et Descartes, le livre relève l’hypothèse comme quoi la musique peut guérir de tous les maux. Eden Bellwether possède-t-il ce pouvoir de guérison ? Ou est-ce l’expression d’une forte mégalomanie ?

« Le Complexe d’Eden Bellwether » est un roman qui tient en haleine jusqu’au bout mais qui aurait pu être allégé de certains passages un peu longuets et descriptifs. Néanmoins, sa lecture est un réel plaisir et pose des interrogations sur les médecines parallèles, et ce fol espoir qui pousse les plus désespérés à suivre les préceptes d’une religion, ou ceux d’un organiste capable de transmettre grâce à la musique, n’importe quelle forme de bien-être. 16/20

« Ce délire, nous le connaissons tous sous le nom d’espoir. Cette simple illusion est-elle aussi inoffensive que nous le croyons, ou s’agit-il d’un phénomène bien plus pernicieux ?« 

Merci à Price Minister et à Oliver Moss pour l’organisation de ce partenariat.

La petite communiste qui ne souriait jamais [Lola Lafon, Actes Sud]

La petite communiste qui ne souriait jamaisLa petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon
Actes Sud, janvier 2014
320 pages

Cela faisait un moment que je n’avais pas pris le temps de chroniquer un roman (les bandes dessinées aussi vous me direz). J’ai choisi cette fois-ci de parler d’une jeune auteure, Lola Lafon, qui en est à son quatrième roman. L’histoire de La petite communiste qui ne souriait jamais est centrée sur la célèbre gymnaste Nadia Comaneci. Elle n’est peut-être pas célèbre pour tout le monde, elle l’est en tout cas énormément pour moi. Ayant fait de la gymnastique pendant 12 ans, j’ai toujours été fascinée par les 10.0 qu’elle a récolté aux JO de Montréal en 1976. Je me souviens avoir enregistré ses exploits sur VHS (n’ayant pas assisté à la diffusion en direct, je n’étais pas née), extraits que j’ai dû regarder en boucle.

Fin de l’aparté, revenons au roman, j’ai été fascinée justement, par les descriptions de l’écrivain, les premiers chapitres se situant justement en 1976. Beaucoup d’émotion se dégage de son écriture, qui est dans un premier temps assez descriptive mais si éloquente (j’en ai eu les larmes aux yeux quand Nadia reçoit son premier 10.0). Présentée en figure de proue pour prôner le communisme, la gymnaste passe vite du statut de sportive de haut-niveau à l’emblème national préféré des politiciens roumains. Le style de Lola Lafon devient de plus en plus incisif et tout en intégrant dans son récit des échanges épistolaires et fictionnels entre l’auteur et la gymnaste, elle propose le portrait du communisme des années 70-80, avec un état des lieux de la politique d’aujourd’hui. Sans états d’âme envers la situation imposée à Nadia Comaneci, l’auteure ne s’apitoie pas sur son sort. En plus de la politique, le livre parle aussi de la sportive et de sa relation au corps. Quand elle devient championne olympique, elle n’a que 14 ans. Sa croissance n’est pas encore terminée, elle se sent trahie par son corps qui ne veut plus suivre la même condition physique (qui avait l’air si simple au tout début). Entre les obligations envers son pays, et la gymnastique qui s’éloigne petit à petit de Nadia, La petite communiste qui ne souriait jamais est un ouvrage très agréable à lire (beaucoup de soin dans le choix des mots) tout en proposant un regard interne, fictionnel mais bien documenté, de la vie en Roumanie sous la dictature communiste de Ceaușescu, jusqu’en 1989.

Danse Noire [Nancy Huston] #MRL2013

Danse noireDanse Noire de Nancy Huston
Actes Sud, août 2013
368 pages

Dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire PriceMinister-Rakuten 2013, j’ai choisi cet ouvrage de Nancy Huston, Danse Noire, pour plusieurs raisons (même si j’aurais aimé tous les tester, mais il ne fallait en choisir qu’un). D’une part, sa couverture m’a beaucoup plu, pour son côté à la fois esthétique et intriguant. Et puis ce titre : « Danse Noire« . Il est pourtant d’usage de dire qu’il ne faut pas juger un livre par sa couverture, ou ce qu’on en imagine juste par quelques mots, mais ma curiosité se concentre parfois sur ces quelques détails.

Pour revenir au livre en lui-même, l’histoire raconte celle de plusieurs personnages sur différentes époques et en divers lieux : Milo, Neil et Awinita, de 1914 à 2010, de Dublin à Montréal, en passant par New York. La construction du roman est assez inhabituelle, tout en gardant pourtant une organisation d’écriture très ordonnée. Le livre est divisé en dix chapitres avec à chaque fois une section par personnage, toujours dans le même ordre. Le récit nous retrace les différentes aventures de Milo, Neil et Awinita, dont les liens familiaux sont présentés en toute première page. Les débuts de lecture ont été un peu difficiles avec tout ces changements de lieu et d’époque, il m’a suffi de repérer ce schéma narratif pour une meilleure immersion.

Certains pans de ces différents récits ne m’ont pas tous accrochée de la même manière. J’ai trouvé que certains passages étaient assez extrêmes et violents, des actes étant parfois difficiles à lire, surtout que les chapitres pour chaque personnage sont courts, il aurait été préférable de voir la trame s’installer plus longuement. Et puis certaines tournures d’évènements m’ont paru inutiles, la plupart ne servant pas le propos du reste du roman. Par contre, ce qui m’a beaucoup plu, c’est de lire à la fois du texte en français, et en anglais. Pas d’inquiétude, tous ces passages sont intégralement traduits, mais lire ces deux langues est un exercice tout à fait sympathique. L’autre point qui m’a séduite c’est l’écriture construite comme un scénario de film, même si avec cet aspect en plus, la lecture peut s’avérer d’autant plus compliquée. Le texte va ainsi varier entre ces trois personnages, trois époques, trois lieux, avec parfois des extraits de poèmes William Butler Yeats, des remarques du scénaristes, des changements de narrateurs, des pensées intérieures… il y a de quoi s’y perdre. Malgré tout, j’ai eu envie d’aller jusqu’au bout de l’ouvrage, le coup de cœur n’étant malheureusement pas mon sentiment général vis-à-vis de Danse Noire. Au final, j’ai aimé l’exercice de style, la mise en forme originale, sans que le charme soit vraiment là. 12/20

Merci à My Little Discoveries pour la diffusion de cette information.
Merci à Price Minister et à Oliver Moss pour l’organisation de ce partenariat.