Le Complexe D’Eden Bellwether [Benjamin Wood] #MRL14

Le Complexe D’Eden Bellwether - Benjamin WoodLe Complexe D’Eden Bellwether de Benjamin Wood
Éditions Zulma, 2014.

Comme l’an passé, j’ai participé aux matchs de la rentrée littéraire PriceMinister-Rakuten. J’ai choisi cette fois-ci un premier roman, écrit par le britannique Benjamin Wood. Le récit commence en juin 2003, à Cambridge, deux corps sans vie viennent d’être découverts, ainsi qu’un troisième respirant à peine. Ce dernier arrive tout juste à prononcer son nom : Eden Bellwether.

Ce prélude mène le lecteur à la fin de l’histoire sans que l’on comprenne vraiment ce qu’il se passe. Il suffit de deux pages pour éveiller l’intérêt et la curiosité, pour finalement, rapidement l’oublier quand débute l’histoire en page 3, en octobre 2002. Se promenant près de la chapelle de King’s College, Oscar Lowe est séduit par la musique et les chants qui s’en échappent. Il remarque également une jeune femme dans l’assistance dont il va faire la connaissance, et découvrir qu’elle est la sœur de l’organiste virtuose qu’il vient d’écouter : Eden Bellwether.

Le roman a beau faire 500 pages tout rond, trouver du temps libre d’une durée suffisante s’avère être la principale difficulté dans la lecture de cet ouvrage. Grâce une écriture fluide et riche en détails, l’auteur a porté beaucoup de soin à décrire ses personnages, sans trop en dévoiler dès le départ. Si le livre m’a tant plu, c’est aussi pour son intrigue située au cœur de la vie universitaire britannique, dans l’une des plus prestigieuses écoles d’Angleterre : Cambridge. Apportant un regard extérieur à ce monde semblant dirigé uniquement par les études, et la musique, le personnage d’Oscar permet aussi de mettre en regard la vie quotidienne d’une société aisée et sa position de simple aide-soignant en maison de retraite. La musique est le thème principal de ce roman, Eden Bellwether est un musicien virtuose et adepte de la théorie de la musicothérapie et de l’hypnose par la musique. Citant Johann Mattheson et Descartes, le livre relève l’hypothèse comme quoi la musique peut guérir de tous les maux. Eden Bellwether possède-t-il ce pouvoir de guérison ? Ou est-ce l’expression d’une forte mégalomanie ?

« Le Complexe d’Eden Bellwether » est un roman qui tient en haleine jusqu’au bout mais qui aurait pu être allégé de certains passages un peu longuets et descriptifs. Néanmoins, sa lecture est un réel plaisir et pose des interrogations sur les médecines parallèles, et ce fol espoir qui pousse les plus désespérés à suivre les préceptes d’une religion, ou ceux d’un organiste capable de transmettre grâce à la musique, n’importe quelle forme de bien-être. 16/20

« Ce délire, nous le connaissons tous sous le nom d’espoir. Cette simple illusion est-elle aussi inoffensive que nous le croyons, ou s’agit-il d’un phénomène bien plus pernicieux ?« 

Merci à Price Minister et à Oliver Moss pour l’organisation de ce partenariat.

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