Coups de cœur BD #2017

Parmi les 86 bandes dessinées lues en 2017, voici deux listes de celles qui m’ont le plus marquée. Beaucoup d’entre elles ont plusieurs thématiques en commun, notamment les femmes et les relations hommes-femmes. Objectif pour 2018, varier un peu plus les genres ? Et pourquoi pas dépasser les 90 bandes dessinées… Et vous, des coups de cœur ?

Top 10 des bandes dessinées sorties en 2017 :

Couverture Idéal Standard Couverture Edelweiss Couverture Bâtard Couverture Une Sœur Couverture Momo

Couverture Paroles d'honneur Couverture Un autre regard - Trucs en vrac pour voir les choses autrement Couverture Culottées - Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, tome 2 Couverture Natures Mortes Couverture Les Tueurs

Idéal Standard d’Aude Picault.
Edelweiss de Lucy Mazel et Cédric Mayen.
Bâtard de Max de Radiguès.
Une Sœur de Bastien Vivès.
Momo de Jonathan Garnier et Rony Hotin.
Paroles d’Honneur de Leïla Slimani et Laetitia Coryn.
Un autre regard d’Emma.
Culottées de Pénélope Bagieu.
Natures Mortes de Zidrou et Oriol.
Les Tueurs de Jean-Christophe Mazurie.

Top 10 des lectures de rattrapage :

Couverture L'Ivresse du poulpe Couverture Patience Couverture McCurry, NY 11 septembre 2001 - Magnum Photos, tome 3 Couverture L'origine du monde Couverture Olympia

Couverture Pereira prétend Couverture Mon père était boxeur Couverture Un bébé à livrer Couverture L'Homme qui tua Lucky Luke - Lucky Luke vu par..., tome 1 Couverture Juliette

Les aventures de Jeanne Picquigny de Fred Bernard.
Patience de Daniel Clowes.
McCurry, NY 11 septembre 2001 – Magnum Photos, tome 3 de Kim Jung Gi et Jean-David Morvan.
L’origine du monde de Liv Strömquist.
Olympia de Bastien Vivès, Florent Ruppert et Jérôme Mulot.
Pereira prétend de Pierre-Henry Gomont.
Mon père était boxeur de Kris, Vincent Bailly et Barbara Pellerin.
Un bébé à livrer de Benjamin Renner.
L’homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme.
Juliette de Camille Jourdy.

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Coups de cœur BD #7

l'été diabolik traquemage vive la marée
Il était une fois dans l'est la favorite Murderabilia

 L’Été Diabolik de Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse (Dargaud, 2016).
Trois ans après Souvenirs de l’empire de l’atome, les deux auteurs T. Smolderen et A. Clérisse sont de retour avec L’Été Diabolik, une bande dessinée dont le récit se situe dans les années 60. Si l’ouvrage est si réussi, c’est grâce à ses couleurs psychédéliques, pêchues et inattendues, et son histoire racontée par un adolescent. Au cours d’un été, les évènements se sont enchaînés, sans lien apparent : un match de tennis qui tourne mal, un accident de voiture, une première expérience sexuelle, une jeune femme apeurée et un père étrange. Une BD vive et très plaisante, à découvrir ! L’illustrateur Alexandre Clérisse sera présent à Pulp festival pour Exquises esquisses.

Traquemage – Tome 1 : Le serment des Pécadous de Wilfrid Lupano et Relom (Delcourt – Terres de légendes, 2015).
Sympathique premier tome de la part de Lupano (Ma Révérence, Les Vieux Fourneaux), Traquemage raconte l’histoire d’un éleveur de brebis qui en a ras la casquette des combats entre les mages. Quand son troupeau se fait exterminer dans une énième bataille -seule la brebis Myrtille en réchappera-, il décide d’aller à la poursuite de ces mages. Plaisant, décalé, et sans prise de tête.

Vive la marée ! de  David Prudhomme et Pascal Rabaté (Futuropolis, 2015).
Vive la marée ! est un condensé de chroniques familiales de vacanciers qui passent leurs congés au bord de la mer. Les situations et personnages font sourire, toutes sortes de profils sont montrés : les corps, les conversations… Pour ma part, la vie à la plage, même pour quelques jours, me fait toujours autant fuir !

Il était une fois dans l’est (tome 1) de Julie Birmant et Clément Oubrerie (Dargaud, 2015).
Ce premier tome d’Il était une fois dans l’Est revient sur l’histoire de la danseuse américaine Isadora Duncan. Née en 1977, la bande dessinée raconte par le biais de flashbacks son enfance, et le rapide succès qu’elle connu grâce à sa danse spontanée et nouvelle. Situé en URSS, le récit parle aussi de son union avec le poète russe Serge Essenine. Hâte de lire le second tome. Un film consacré à Isadora Duncan est aussi en cours de production, avec Lily-Rose Melody Depp dans le rôle de la danseuse (Elle Fanning était initialement prévue pour ce rôle).

La Favorite de Matthias Lehmann (Actes Sud, 2015).
Des années 1930 aux années 2000, La Favorite raconte l’histoire d’une grand-mère autoritaire et tyrannique s’occupa de Constance devenue orpheline. Ne pouvant même pas sortir de chez elle, Constance s’invente mille et un mondes pour s’évader et tenter d’aller de l’avant. La Favorite une bande dessinée très sombre qui parle surtout de la notion du soi en tant qu’individu. Un ouvrage troublant et marquant.

Murderabilia d’Àlvaro Ortiz (Rackham, 2015).
L’auteur espagnol s’intéresse dans cet ouvrage à d’étranges collections : celles de rassembler des objets liés à des tueurs en série ou des meurtres. Malgré un sujet plutôt glauque, le récit se révèle amusant et vraiment étonnant, à découvrir.

Maggy Garrison (2 tomes) de Lewis Trondheim et Stéphane Oiry (Dupuis, 2014-2015).Maggy Garrison est une sympathique nouvelle série (qui en est déjà à 2 tomes), de la part de Trondheim et Oiry. Maggy cherche du travail depuis deux ans, elle finit par trouver un poste de secrétaire dans l’agence d’un détective privé alcoolique et paumé. Toujours à l’affût de se faire de l’argent, elle en profite pour résoudre des petites affaires que son patron a laissé de côté. la situation va être sensiblement bousculée quand il se fait fait tabasser et qu’elle remarque être suivie par un type louche. Mélange de chronique sociale et de polar, j’ai surtout apprécié cette série pour son ton cynique et sombre. Le personnage de Maggy est aussi quelqu’un qui a langue bien pendue, elle ne se laisse pas manipuler, du moment qu’elle trouve toujours le temps pour boire ses pintes tranquillement dans un pub (son favori : celui du quartier de Kilburn).

Coups de cœur BD #6

route 78 le divin la main heureuse emmett till le grand méchant renard

Route 78 d’Éric Cartier et Audrey Alwett (Delcourt, 2015).
Invitation au voyage vers les États-Unis, l’auteur Éric Cartier et sa compagne ont fait ce voyage en 1978 à l’âge de 20 ans. Arrivés à New York, ils ont traversé le pays d’est en ouest, comme les beatniks de Kerouac, et en stop. Sachant que dans certains états, l’auto-stop est interdit, les situations sont parfois assez épiques. Ils ont rencontré d’étonnants personnages, des gens adorables, d’autres moins, des farfelus, des musiciens, et des Combi aussi. Le récit est riche en aventures et en rencontres, l’auteur réussit à dresser un portrait de l’Amérique de la fin des années 70, sans tomber dans le cliché de la carte postale. Et finalement, peu importe que ce soit une histoire vraie, on est transporté dans le récit, à bord de tous un tas de véhicules, c’est plein de vie et la bande dessinée reflète bien l’émotion d’une époque. À noter que les auteurs ont égrené de nombreux dialogues en anglais, permettant une plus grande immersion dans ce road-trip.

Le Divin des frères Hanuka et Boaz Lavie (Dargaud, 2015).
Partis d’une photographie d’Apichart Weerawong des frères Htoo, les auteurs ont imaginé ce récit du Divin, en y intégrant des éléments surnaturels, une légende qui a suivi les jumeaux Johnny et Luther Htoo suite à une prise d’otages en 2000 dont ils étaient les auteurs. Étrangement magnifique qualifie très bien cette bande dessinée, un ouvrage qui m’a surtout fascinée par ses couleurs et son graphisme. Mêlant à la fois l’espionnage, l’action et le fantastique, Le Divin est une bande dessinée qui vaut le détour.

La Main Heureuse de Frantz Duchazeau (Casterman, collection Professeur Cyclope, 2015).
Deux adolescents, Frantz et Mike, sont tous deux de grands fans de manu Chao. Un concert est annoncé à Bordeaux, peu importe s’ils n’ont qu’une mobylette pour s’y rendre, à 100 kilomètres de chez eux : ils vont réaliser leur rêve : assister à un concert de Manu Chao. Sympathique road-trip là encore avec ces deux ados prêts à tout pour ce concert. D’ennuis mécaniques, en rencontres, il y a en plus comme une ambiance mystique qui plane dans cette bande dessinée. À découvrir !

Emmett Till d’Arnaud Floc’h (Sarbacane, 2015).
S’inspirant d’une tragique histoire vraie, Emmett Till arrive tout juste du nord (de Chicago) dans cette petite bourgade du sud où les mœurs n’ont pas beaucoup évolué. Enjoué et plein de vie, il n’a pas la langue dans sa poche et va jusqu’à entrer dans une épicerie interdite aux Noirs. Le récit revient sur le terrible sort qui l’attend tout en revenant sur le fait que les coupables n’ont jamais été punis.

Le Grand Méchant Renard de Benjamin Renner (Delcourt, 2015).
Et je termine ce billet par un gros coup de cœur. Le grand méchant renard possède deux niveaux de lecture, pour les plus jeunes et pour les adultes (surtout les adultes en fait), et on ne peut pas dire qu’il soit ni grand ni méchant, loin de là. Quel est son but dans la vie alors ? Voler et manger des poules, être le roi du poulailler quoi. Pas facile avec ces poules caractérielles qui l’envoient promener, et les autres animaux qui se moquent ouvertement de lui. Il a alors une idée : voler des œufs, les élever, pour ensuite les manger. Je vous laisse le loisir de découvrir la suite… Très plaisant, drôle, à lire absolument !

Love in Vain : Robert Johnson 1911-1938 [Mezzo – J.M. Dupont] #1blog1bd

Love in Vain : Robert Johnson (1911-1938). Bande dessinée de Mezzo et J.M. Dupont. Glénat BD. 2014.

En échange de cette critique, j’ai eu la chance de recevoir la bande dessinée Love in Vain dans le cadre de « La BD fait son festival sur Priceminister« , une opération organisée par PriceMinister-Rakuten, et relayée par le blog My Little Discoveries.

Après avoir vu l’excellente exposition et assisté à l’une des conférences autour du « Démon du Blues » à Angoulême en janvier dernier, cette bande dessinée de Mezzo et J.M. Dupont était pour moi en tête de liste des ouvrages à découvrir. Consacrée à Robert Johnson, la bande dessinée revient sur ce bluesman, légende du genre, mort empoisonné à l’âge de 27 ans. Génie de la guitare, l’histoire raconte qu’il aurait vendu son âme au diable en échange de ces talents. Les rares photographies du musicien (il n’en existe que deux) entretiennent encore plus ce mythe d’artiste mystérieux, ayant laissé sa trace sur Terre uniquement par le biais de la musique. Nombreux sont les musiciens (en blues et rock) qui s’en sont depuis inspirés : les Rolling Stones, Jack White ou encore Eric Clapton. La bande dessinée dresse également un portrait de la communauté Noire des années 30. L’album raconte ainsi la courte vie de Robert Johnson, un récit magnifié par le dessin de Mezzo. Les planches exposées à Angoulême m’avait déjà convaincue, tourner les pages de cette bande dessinée confirme la qualité du graphisme avec un noir et blanc très sombre au trait épais et rond où fourmillent d’incroyables détails et expressions des visages. J’attribue à peine la note parfaite (18/20), il est dommage qu’un lexique n’ait pas été ajouté en fin de livre, avec la définition de termes plus spécifiques sur le monde du blues comme les juke joints, barrelhouses, hokum songs, ou encore les country suppers. Les paroles de sept morceaux de Robert Johnson ont été ajoutées en fin d’ouvrage (superbement illustrées là encore), accompagnées d’une traduction des textes : Come on in my Kitchen, Terraplane Blues, Cross Road Blues, Me and the Devil Blues, Love in Vain, Sweet Home Chicago et 32-20 Blues.

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Coups de cœur BD #5

Ogres-dieux cover mon ami dahmer CE N'EST PAS TOI QUE J'ATTENDAIS C1 OK.indd lune est blanche

Les Ogres-Dieux : « Petit » d’Hubert et de Bertrand Gatignol. Soleil. Décembre 2014.
Grand coup de cœur pour « Petit » : « Les Ogres-Dieux » est une bande-dessinée qui plonge le lecteur dans un monde de géants. Conte pour adultes, je me suis complètement laissée porter par son fabuleux graphisme en noir et blanc, et un scénario qui m’a donné l’illusion d’être dans un film fantastique et d’aventure. Un conte pour les grands, à lire absolument!

Mon Ami Dahmer de Derf Backderf. Publié à sa sortie aux éditions Ça et Là. Ici : parution en poche chez Points. Janvier 2015 (version poche).
Vous rêvez de découvrir comment s’est façonné l’un des plus célèbres tueurs en série américains ? Récompensé par le Prix du Polar Sncf en 2014, Mon Ami Dahmer revient sur la scolarité du tueur en série Jeffrey Dahmer qu a partagé les bancs d’école avec l’auteur de cette bande dessinée. Dessinateur, ce dernier a repris ses notes de l’époque, des agendas que tenait sa mère, ainsi que le dossier du FBI qui comprend près de 10 000 documents (et qui est tombé dans le domaine public). Histoire glauque mais fascinante, et brillamment mise en scène par Derf Backderf.

Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé. Delcourt. Octobre 2014.
Fabien Toulmé signe ici une bande dessinée autobiographique où il raconte l’arrivée de son second enfant, porteur du handicap de la trisomie. L’album est très touchant, entre l’effroi de cette découverte après la naissance, la colère, le refus de pouvoir aimer, vient l’acceptation et l’amour avec un grand A envers sa petite fille.

La lune est blanche de François et Emmanuel Lepage. Futuropolis. Octobre 2014.
Avant d’assister à une conférence autour la bande dessinée de reportage à Angoulême avec Emmanuel Lepage, j’avais déjà très envie de lire cette Lune est blanche. J’attendais le bon moment pour m’immerger dans leur périple à lui, son frère et l’équipage de l’IPEV (Institut Polaire Paul-Emile Victor). En plus des dessins d’Emmanuel, le récit de cette bande dessinée est complété par les photographies de François Lepage. Le résultat est incroyable, semblable à la magie d’un autre monde, d’une autre planète. D’une lune blanche. Beaucoup de références m’ont beaucoup plu dans cet ouvrage, La Nuit des Temps de Barjavel (l’un des romans qui m’a le plus marquée au collège. Avec 1984). Star Wars aussi (page 184). Roméo et Juliette (page 74). Les récits des premiers aventuriers à avoir posé le pied sur ce sixième continent. Et puis cette phrase qui me plait tant : « Je suis toujours fasciné par les destinées de ces gens qui courent après leurs rêves. » (page 197). À lire absolument !

Pour info, je participe de manière régulière avec deux amies à l’émission de radio Esperluette sur JetFM. La dernière émission était consacrée à Angoulême avec un retour sur le festival, nos impressions, et des sons glanés ça et là. La seconde heure d’émission est dédiée à des chroniques, où cette fois-ci nous nous sommes intéressés à une thématique autour des chiffres. Le lien mp3 de l’émission est en gras tout en bas de cette page.