Coups de cœur BD #7

l'été diabolik traquemage vive la marée
Il était une fois dans l'est la favorite Murderabilia

 L’Été Diabolik de Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse (Dargaud, 2016).
Trois ans après Souvenirs de l’empire de l’atome, les deux auteurs T. Smolderen et A. Clérisse sont de retour avec L’Été Diabolik, une bande dessinée dont le récit se situe dans les années 60. Si l’ouvrage est si réussi, c’est grâce à ses couleurs psychédéliques, pêchues et inattendues, et son histoire racontée par un adolescent. Au cours d’un été, les évènements se sont enchaînés, sans lien apparent : un match de tennis qui tourne mal, un accident de voiture, une première expérience sexuelle, une jeune femme apeurée et un père étrange. Une BD vive et très plaisante, à découvrir ! L’illustrateur Alexandre Clérisse sera présent à Pulp festival pour Exquises esquisses.

Traquemage – Tome 1 : Le serment des Pécadous de Wilfrid Lupano et Relom (Delcourt – Terres de légendes, 2015).
Sympathique premier tome de la part de Lupano (Ma Révérence, Les Vieux Fourneaux), Traquemage raconte l’histoire d’un éleveur de brebis qui en a ras la casquette des combats entre les mages. Quand son troupeau se fait exterminer dans une énième bataille -seule la brebis Myrtille en réchappera-, il décide d’aller à la poursuite de ces mages. Plaisant, décalé, et sans prise de tête.

Vive la marée ! de  David Prudhomme et Pascal Rabaté (Futuropolis, 2015).
Vive la marée ! est un condensé de chroniques familiales de vacanciers qui passent leurs congés au bord de la mer. Les situations et personnages font sourire, toutes sortes de profils sont montrés : les corps, les conversations… Pour ma part, la vie à la plage, même pour quelques jours, me fait toujours autant fuir !

Il était une fois dans l’est (tome 1) de Julie Birmant et Clément Oubrerie (Dargaud, 2015).
Ce premier tome d’Il était une fois dans l’Est revient sur l’histoire de la danseuse américaine Isadora Duncan. Née en 1977, la bande dessinée raconte par le biais de flashbacks son enfance, et le rapide succès qu’elle connu grâce à sa danse spontanée et nouvelle. Situé en URSS, le récit parle aussi de son union avec le poète russe Serge Essenine. Hâte de lire le second tome. Un film consacré à Isadora Duncan est aussi en cours de production, avec Lily-Rose Melody Depp dans le rôle de la danseuse (Elle Fanning était initialement prévue pour ce rôle).

La Favorite de Matthias Lehmann (Actes Sud, 2015).
Des années 1930 aux années 2000, La Favorite raconte l’histoire d’une grand-mère autoritaire et tyrannique s’occupa de Constance devenue orpheline. Ne pouvant même pas sortir de chez elle, Constance s’invente mille et un mondes pour s’évader et tenter d’aller de l’avant. La Favorite une bande dessinée très sombre qui parle surtout de la notion du soi en tant qu’individu. Un ouvrage troublant et marquant.

Murderabilia d’Àlvaro Ortiz (Rackham, 2015).
L’auteur espagnol s’intéresse dans cet ouvrage à d’étranges collections : celles de rassembler des objets liés à des tueurs en série ou des meurtres. Malgré un sujet plutôt glauque, le récit se révèle amusant et vraiment étonnant, à découvrir.

Maggy Garrison (2 tomes) de Lewis Trondheim et Stéphane Oiry (Dupuis, 2014-2015).Maggy Garrison est une sympathique nouvelle série (qui en est déjà à 2 tomes), de la part de Trondheim et Oiry. Maggy cherche du travail depuis deux ans, elle finit par trouver un poste de secrétaire dans l’agence d’un détective privé alcoolique et paumé. Toujours à l’affût de se faire de l’argent, elle en profite pour résoudre des petites affaires que son patron a laissé de côté. la situation va être sensiblement bousculée quand il se fait fait tabasser et qu’elle remarque être suivie par un type louche. Mélange de chronique sociale et de polar, j’ai surtout apprécié cette série pour son ton cynique et sombre. Le personnage de Maggy est aussi quelqu’un qui a langue bien pendue, elle ne se laisse pas manipuler, du moment qu’elle trouve toujours le temps pour boire ses pintes tranquillement dans un pub (son favori : celui du quartier de Kilburn).

Coups de cœur BD #6

route 78 le divin la main heureuse emmett till le grand méchant renard

Route 78 d’Éric Cartier et Audrey Alwett (Delcourt, 2015).
Invitation au voyage vers les États-Unis, l’auteur Éric Cartier et sa compagne ont fait ce voyage en 1978 à l’âge de 20 ans. Arrivés à New York, ils ont traversé le pays d’est en ouest, comme les beatniks de Kerouac, et en stop. Sachant que dans certains états, l’auto-stop est interdit, les situations sont parfois assez épiques. Ils ont rencontré d’étonnants personnages, des gens adorables, d’autres moins, des farfelus, des musiciens, et des Combi aussi. Le récit est riche en aventures et en rencontres, l’auteur réussit à dresser un portrait de l’Amérique de la fin des années 70, sans tomber dans le cliché de la carte postale. Et finalement, peu importe que ce soit une histoire vraie, on est transporté dans le récit, à bord de tous un tas de véhicules, c’est plein de vie et la bande dessinée reflète bien l’émotion d’une époque. À noter que les auteurs ont égrené de nombreux dialogues en anglais, permettant une plus grande immersion dans ce road-trip.

Le Divin des frères Hanuka et Boaz Lavie (Dargaud, 2015).
Partis d’une photographie d’Apichart Weerawong des frères Htoo, les auteurs ont imaginé ce récit du Divin, en y intégrant des éléments surnaturels, une légende qui a suivi les jumeaux Johnny et Luther Htoo suite à une prise d’otages en 2000 dont ils étaient les auteurs. Étrangement magnifique qualifie très bien cette bande dessinée, un ouvrage qui m’a surtout fascinée par ses couleurs et son graphisme. Mêlant à la fois l’espionnage, l’action et le fantastique, Le Divin est une bande dessinée qui vaut le détour.

La Main Heureuse de Frantz Duchazeau (Casterman, collection Professeur Cyclope, 2015).
Deux adolescents, Frantz et Mike, sont tous deux de grands fans de manu Chao. Un concert est annoncé à Bordeaux, peu importe s’ils n’ont qu’une mobylette pour s’y rendre, à 100 kilomètres de chez eux : ils vont réaliser leur rêve : assister à un concert de Manu Chao. Sympathique road-trip là encore avec ces deux ados prêts à tout pour ce concert. D’ennuis mécaniques, en rencontres, il y a en plus comme une ambiance mystique qui plane dans cette bande dessinée. À découvrir !

Emmett Till d’Arnaud Floc’h (Sarbacane, 2015).
S’inspirant d’une tragique histoire vraie, Emmett Till arrive tout juste du nord (de Chicago) dans cette petite bourgade du sud où les mœurs n’ont pas beaucoup évolué. Enjoué et plein de vie, il n’a pas la langue dans sa poche et va jusqu’à entrer dans une épicerie interdite aux Noirs. Le récit revient sur le terrible sort qui l’attend tout en revenant sur le fait que les coupables n’ont jamais été punis.

Le Grand Méchant Renard de Benjamin Renner (Delcourt, 2015).
Et je termine ce billet par un gros coup de cœur. Le grand méchant renard possède deux niveaux de lecture, pour les plus jeunes et pour les adultes (surtout les adultes en fait), et on ne peut pas dire qu’il soit ni grand ni méchant, loin de là. Quel est son but dans la vie alors ? Voler et manger des poules, être le roi du poulailler quoi. Pas facile avec ces poules caractérielles qui l’envoient promener, et les autres animaux qui se moquent ouvertement de lui. Il a alors une idée : voler des œufs, les élever, pour ensuite les manger. Je vous laisse le loisir de découvrir la suite… Très plaisant, drôle, à lire absolument !