Autel California – Face A : Treat Me Nice [Nine Antico]

Autel California  Face A  Treat Me Nice Nine AnticoSélectionné au prochain festival de la bande dessinée d’Angoulème, ce premier tome d’Autel California de Nine Antico se lit en écoutant la playlist qu’elle a distillée au fil des pages. Je me suis amusée à réunir tous les titres dans une playlist sur le site Grooveshark (site qui a fermé depuis la mise en ligne de cet article). Même sans lire la bande dessinée, il est toujours agréable de réécouter ces morceaux des années 50-60.

En hommage à Pamela Des Barres, l’une des plus célèbres groupies de ces années Elvis Presley / Beatles, Nine Antico nous propose de suivre Bouclette, une adolescente d’à peine 18 ans, fascinée par la scène musicale et les rock stars de l’époque, entre nouvelles rencontres, célèbres ou non, concerts et virées psychédéliques de Los Angeles à San Francisco. L’auteur répond bien à son sujet de départ, parfois trop, les éléments historiques prenant parfois un peu trop le pas sur l’intrigue. Malgré cela, la bande dessinée m’a transportée dans une autre époque de la première à la dernière page, et m’a aussi rappelée des souvenirs de voyage.

Autel California – Face A : Treat Me Nice de Nine Antico.
L’Association. Septembre 2014. 191 pages. 19 €.

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Coups de cœur BD #4

fun home l'arabe du futur rock & stone Vertiges de Quito saga 1-3 saga 2 saga 3

Fun Home. D’Alison Bechdel. Éditions Denoël. Octobre 2013.

Fun Home représente ici l’abréviation de Funeral Home, une maison funéraire où a grandi l’auteure. La bande dessinée est le récit autobiographique d’Alison Bechdel qui revient sur son enfance, et la relation difficile qu’elle a eu avec son père. L’ouvrage a aussi permis à l’auteur de découvrir qui était ce père si distant, en portant un nouveau regard sur l’éducation autoritaire qu’elle a reçue et sa famille suite à la mort de père. De nombreuses références sont parsemées au cours des pages notamment en littérature (Proust, Joyce, Fitzgerald…), et la thématique de l’homosexualité est au centre du récit. Le graphisme est en noir et blanc avec des aplats gris-bleuté, les dessins sont détaillés et l’écriture est dense. Depuis sa parution en 2006, la bande dessinée a été adaptée à Broadway, avec une comédie musicale qui sera à nouveau sur les planches en 2015.

L’Arabe du Futur, une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984). De Riad Sattouf. Éditions Allary. Mai 2014.

Prévu pour être publié en 3 tomes, L’Arabe du Futur revient dans ce premier ouvrage sur les premières années de l’auteur. Né en France, il va suivre ses parents en Libye puis en Syrie, son père étant professeur et adepte du panarabisme (mouvement cherchant à tirer les peuples arabes de l’ignorance grâce aux vertus de l’éducation). Ce premier tome met surtout en valeur la figure paternelle, dont l’intelligence lui a permis d’étudier en France. Il a aussi un côté bien farfelu, ajoutant du piment à leur vie quotidienne, et beaucoup d’humour. Vivement la suite, qui je l’espère mettra plus en lumière le personnage de la mère, très effacée jusque là.

Rock & Stone. Auteur : Nicolas Jean. Illustrateur : Yann Valeani. Éditions Delcourt. Janvier 2014.

Première partie d’un diptyque qui s’achèvera en 2015, Rock & Stone est une bande dessinée également destinée au public jeunesse. Le récit se situe en 2215 sur une planète minière où les rares survivants essaient d’échapper à l’intelligence artificielle qui a pris le contrôle de leur monde. Stan est un garçon qui vit tout seul, et qui va rencontrer un robot qui n’obéit pas à l’IA. Chouette première partie qui fait penser à de nombreux livres ou films sur cette thématique de science-fiction, la lecture n’en est pas moins désagréable et donne vraiment envie de connaître la seconde partie.

Vertiges de Quito. Didier Tronchet. Futuropolis. Août 2014.

Plus qu’un carnet de voyage, Didier Tronchet raconte ici le quotidien qu’ils ont vécu, lui et sa famille, pendant les 3 années qu’ils ont passées en Amérique latine, les personnes qu’ils ont rencontrées, leur immersion dans cette rue qu’il décrit pendant le premier chapitre. Il a le don de magnifier des anecdotes, avec humour, et un certain sens de l’observation. Aussi pour exorciser certains drames qu’il a croisés. Le graphisme est très coloré, les traits sont pour la plupart très fins, d’autres sont plus grossiers. Les teintes vives et lumineuses rendent la lecture très agréable, et donnent aussi des envies de voyage. Cette bande dessinée permet aussi de découvrir un pays peu connu qui est l’Équateur.

Saga (tome 1 à 3). Brian K. Vaughan & Fiona Staples. Urban Comics. 2013 – 2014.

Trois tomes sont déjà parus pour cette série de comics dont le récit se situe sur la planète Clivage. Alana et Marko sont originaires de deux peuples différents, deux peuples en guerre depuis bien longtemps. Tombés amoureux l’un de l’autre, une petite fille Hazel va naître de cette union. Serait-elle le symbole d’espoir de paix ? Saga propose un chouette univers, original et riche en personnages tous plus atypiques et attachants les uns que les autres. Beaucoup aimé cette aventure entre deux planètes en conflit où même l’humour y trouve sa place. À lire en attendant le 4e tome…

La petite communiste qui ne souriait jamais [Lola Lafon, Actes Sud]

La petite communiste qui ne souriait jamaisLa petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon
Actes Sud, janvier 2014
320 pages

Cela faisait un moment que je n’avais pas pris le temps de chroniquer un roman (les bandes dessinées aussi vous me direz). J’ai choisi cette fois-ci de parler d’une jeune auteure, Lola Lafon, qui en est à son quatrième roman. L’histoire de La petite communiste qui ne souriait jamais est centrée sur la célèbre gymnaste Nadia Comaneci. Elle n’est peut-être pas célèbre pour tout le monde, elle l’est en tout cas énormément pour moi. Ayant fait de la gymnastique pendant 12 ans, j’ai toujours été fascinée par les 10.0 qu’elle a récolté aux JO de Montréal en 1976. Je me souviens avoir enregistré ses exploits sur VHS (n’ayant pas assisté à la diffusion en direct, je n’étais pas née), extraits que j’ai dû regarder en boucle.

Fin de l’aparté, revenons au roman, j’ai été fascinée justement, par les descriptions de l’écrivain, les premiers chapitres se situant justement en 1976. Beaucoup d’émotion se dégage de son écriture, qui est dans un premier temps assez descriptive mais si éloquente (j’en ai eu les larmes aux yeux quand Nadia reçoit son premier 10.0). Présentée en figure de proue pour prôner le communisme, la gymnaste passe vite du statut de sportive de haut-niveau à l’emblème national préféré des politiciens roumains. Le style de Lola Lafon devient de plus en plus incisif et tout en intégrant dans son récit des échanges épistolaires et fictionnels entre l’auteur et la gymnaste, elle propose le portrait du communisme des années 70-80, avec un état des lieux de la politique d’aujourd’hui. Sans états d’âme envers la situation imposée à Nadia Comaneci, l’auteure ne s’apitoie pas sur son sort. En plus de la politique, le livre parle aussi de la sportive et de sa relation au corps. Quand elle devient championne olympique, elle n’a que 14 ans. Sa croissance n’est pas encore terminée, elle se sent trahie par son corps qui ne veut plus suivre la même condition physique (qui avait l’air si simple au tout début). Entre les obligations envers son pays, et la gymnastique qui s’éloigne petit à petit de Nadia, La petite communiste qui ne souriait jamais est un ouvrage très agréable à lire (beaucoup de soin dans le choix des mots) tout en proposant un regard interne, fictionnel mais bien documenté, de la vie en Roumanie sous la dictature communiste de Ceaușescu, jusqu’en 1989.

Coups de cœur BD #3

vieux fourneauxUn petit goût de noisetteL.10EBBN001995.N001_PrinGLACE_C_FRabaddon deux titres

Les vieux fourneaux (Wilfrid Lupano / Paul Cauuet, 2014 – Dargaud).

Six mois après l’excellent Ma Révérence (bande dessinée sortie en septembre 2013), Wilfrid Lupano revient avec Les Vieux Fourneaux, road-movie de trois septuagénaires,  qui ne sont jamais les derniers pour plaisanter et exprimer leur fort caractère. Quand l’un des trois part le fusil sous le bras pour assouvir une jalousie datant de longue date, les deux autres partent sur la route pour la Toscane. Drôle, attachante, cocasse et touchante, cette bande dessinée est synonyme d’enthousiasme et de lecture qui s’effectue d’une seule traite. En plus le dessin de Paul Cauuet est excellent. Un titre incontournable en ce début d’année !

Un petit goût de noisette (Vanyda, 2014 – Dargaud).

Avec ce recueil de nouvelles en bandes dessinées, Vanyda propose une collection d’histoires d’amour, de rencontres et d’occasions manquées avec beaucoup de tendresse. Chaque récit a droit à une couleur dominante, le dessin est très soigné et les personnages tous plus attachants les uns que les autres. L’originalité n’est peut-être pas ce qu’on retiendra de cette bande dessinée, l’auteur nous fait passer en tout cas un chouette moment de lecture.

La Princesse des Glaces (Léonie Bischoff & Olivier Bocquet – D’après le roman de Camilla Läckberg, 2014 – Casterman / Collection Univers d’auteurs).

Adapté du premier roman de la série de polars de Camilla Läckberg, La Princesse des Glaces suit Erica Falck, auteure de biographies, résidant dans une petite ville de la côte ouest suédoise. Elle découvre un jour le cadavre d’une de ses amies d’enfance, poignets tailladés, et corps immobilisé dans une baignoire gelée… N’ayant pas lu les romans d’origine, j’étais d’autant plus curieuse de découvrir cette version en bande dessinée. Le résultat est pour moi plutôt réussi. J’imagine que tous les détails n’ont pu être retranscrits, l’atmosphère qui se dégage captive et les personnages se révèlent attachants. Bref, un polar à lire, même en bande dessinée.

Abaddon (Koren Shadmi, 2013 – Ici Même).

Bande dessinée étrange et originale, Abaddon plonge le lecteur autant que son personnage principal dans un appartement où l’ apparent bon accueil va vite se transformer en enfermement. Cauchemar, folie, hallucination, machination, complot ? Beaucoup de question jalonnent à la lecture de ces deux tomes. L’israélien Koren Shadmi a en plus le talent d’un graphisme à la fois fascinant et angoissant. Un autre titre incontournable à dévorer et à ranger dans les inclassables !

Coups de cœur BD #2

black holeBlack Hole (Charles Burns, 2006 – Delcourt)

Initialement parue en 12 volumes (aux États-Unis), Black Hole est une œuvre assez fascinante sur la jeunesse de Seattle des années 70, abordant les thèmes de la maladie (une MST appelée la Crève), et de la marginalisation. Le récit nous plonge dans la vie de ces jeunes adultes, leurs liens, leurs relations et les conséquences de cette étrange maladie. L’histoire se concentre beaucoup sur le mal-être de ces adolescents un peu paumés. Entièrement en noir et blanc, le graphisme est très sombre, parfois très chargé en aplats noirs, aspirant ainsi le lecteur dans un monde à la fois grave, à part, et unique.

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ya sanYa San (Jia wei Huang – Bang Wang, 2007 – Kana poche)

Ya San est une bande dessinée chinoise, entièrement dessinée en noir et blanc par Jia wei Huang qui signe ici son premier ouvrage. Le récit nous plonge dans un monde où l’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important. Ya San vit dans l’un de ces bidonvilles, à l’abri de la lumière à cause d’une maladie qui l’empêche d’être en contact avec le soleil. Lorsque sont reportés plusieurs décès suspects dans le village, Ya San décide de mener son enquête. Malgré une issue un peu trop ouverte, cette bande dessinée se révèle assez hors du commun, et se démarque de ce que j’ai pu lire récemment. Le format un peu trop court aurait pu être allongé de quelques pages, histoire d’avoir un peu de détails. En deux mots : obscur et atypique.
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UN AMOUR DE MARMELADE[BD].indd.pdfUn Amour de Marmelade (Olivier Supiot, 2011 – Glénat)

Univers totalement différent des deux bandes dessinées précédentes, Un Amour de Marmelade est beaucoup plus coloré, son dessin plus suggéré, certainement le point fort de cette bande dessinée. Pour l’histoire, le professeur Marmelade a été accusé de son propre meurtre ainsi que celui de sa femme. Son étrange apparence est née suite à une expérience scientifique malencontreuse. Ce one-shot raconte sa course afin de prouver son innocence. Un Amour de Marmelade m’a surtout plu pour son graphisme plus que pour son récit, même si quelques bonnes idées émergent ici et là.

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le silence de nos amis

Le Silence de nos Amis (Mark Long – Nate Powell, 2012 – Casterman)
1968, juste après l’assassinat de Martin Luther King. Histoire d’amitié entre deux familles, alors que le pays est en pleine lutte contre la ségrégation raciale. Le récit est situé à Houston aux Texas, les manifestations et les révoltes s’enchaînent alors que le Ku Klux Klan continue de distribuer des tracts et l’amitié entre les noirs et blancs semble inaccessible. Et pourtant… Très bon ouvrage d’une partie de l’histoire des États-Unis, à lire.